Le 18 octobre 1932, Monsieur Arthur DEPREZ, écrivait une lettre destinée à Ferdinand COURTOY, conservateur du musée archéologique de Namur pour l’informer qu’il a procédé, le 8 août 1932, « à la fouille de la grotte dite « des fosses de Morialley » (mort-y-allait) à Tarcienne […]». Il précise qu’il a mené cette recherche « conjointement avec Mr L’ABALESTRIER et Mr. Alb. LERMINIAUX délégué du TCB de Couillet ».
Voici comment, Monsieur DEPREZ, dans sa lettre, a décrit l’endroit :
« Cette grotte est située à environ 1500 mètres de l’Eglise de Tarcienne en pleine campagne, le long du diverticulum reliant la voie romaine de Thy-le-Baud’huin a celle de Gerpinnes (Augette). Elle se trouve au fond d’un ravin rempli de roches abruptes, au nord-ouest, le banc le plus élevé de calcaire est soulevé par une force intérieure, il forme, a une cinquante de mètre de profondeur un couloir de 2 mètres environ de largeur à l’entrée pour finir avec moins d’un mètre sur le haut. Elle est bien éclairée et a une hauteur de 2 m 50. Cette grotte est précédée d’une terrasse d’un mètre environ formée d’éboulements, par compte elle ne contenait aucun foyer ».
Monsieur DEPREZ croyait que « cette grotte aurait pu servir d’habitat voir même de sépulture à nos anciens néolithiques » mais les fouilles n’ont mis à jour que quelques ossements de chien ou, peut-être, de loup. Une dent, notamment, est jointe au dossier consacré à cet échange épistolaire et conservé au dépôt d’Archives de l’État à Namur:

Il s’agit d’une dent provenant d’un squelette de chien (ou de loup) découverte lors de la fouille de la grotte. Une machoire issue de ce squelette a été confiée au Musée d’Histoire Naturelle de Bruxelles pour expertise. Il n’a pas été possible de trancher avec une certitude absolue mais les dimensions de la mâchoire étaient plus proche de celle d’un gros chien que de celle d’un loup.
Le chercheur ajoute
« la légende du pays dit que la grotte aurait servi de refuge à un prêtre pendant la persécution religieuse. Cela ce peu, si toutefois elle est mal exposée, elle a la qualité d’être bien sec et bien éclairée, tout en étant bien dissimulée, une source d’eau potable coule a peu de distance.»
Ce que Monsieur DEPREZ ne mentionne pas, c’est que cet affleurement rocheux fut probablement le siège d’une carrière (de fer ?), c’est ce que suggère en tout cas une carte de l’Institut de Géographie National de 1907:

Remarquons, au passage, que le bois Morialet ne se trouve pas à Tarcienne mais sur la commune d’Hymiée (Gerpinnes).
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Je me souviens très bien de cette grotte que gamin, avec mon ami Roger, j’ai « explorée » à plusieurs reprises. À l’entrée de la cavité avait été aménagé un petit autel sur lequel des mains pieuses avaient posé une statuette de la Vierge. Ce décor intimidait les gaviots que nous étions. Je m’attends à lire des témoignages qui iront dans ce sens…

Photo M. Dumont 15/06/2024
Source : Archives de l’État à Namur – Soc. Archéo. Namur – Dépôt 2022 – 1 – 1075