CHRONIQUES TARCIENNOISES D’HIER

Des Miyens en Amérique en 1844 !


Le 1er juin 1844, on pouvait lire dans l’édition du jour de l’Indépendance Belge :

J.-B. CHAUDRON, propriétaire à Tarcienne en 1844…
Vous vous rappelez de la famille CHAUDRON ? Je vous en ai déjà parlé. Le moulin à vapeur de Tarcienne, c’est un certain Jean-Michel CHAUDRON qui l’avait construit et exploité.

Il est probable que les Nicolas-Joseph et J.-B. CHAUDRON mentionnés ci-dessus soient les frères du meunier: la fratrie comptait, à ma connaissance, 6 frères dont un Jean-Michel (le meunier), un Nicolas-Joseph (le colonial) et un Jean-Baptiste.
Mais l’auteur du courrier adressé au journal qui signe « J.-B. CHAUDRON » ne peut-être CE Jean-Baptiste car ce dernier, né à Gougnies en 1785, est décédé à Tarcienne en 1840. Il ne peut donc avoir rédigé le courrier en mai 1844. J’ai épluché les registres de Gougnies et de Tarcienne, je n’ai pas trouvé d’autre J.-B. CHAUDRON. Mystère…

Quoi qu’il en soit, le Tarciennois Nicolas-Joseph CHAUDRON débarque en Amérique, « sur notre colonie de Santo-Thomas ». 
Officiellement, la Belgique n’a jamais possédé de colonie d’État en Amérique. Cependant, sous le règne de Léopold Ier, plusieurs tentatives d’implantation ont eu lieu, dont la colonie de Santo Tomás de Castilla sur la côte est (atlantique) du Guatemala.

En 1843, la Compagnie belge de colonisation, soutenue par le roi, fonde une colonie dans ce port guatémaltèque. Ce fut un échec retentissant : décimés par les maladies tropicales et le manque d’organisation, les colons abandonnent le site dès 1854.

Nicolas Joseph CHAUDRON s’est d’ailleurs marié à Tarcienne le 31 mars 1847 avec une certaine Marie Joseph LEJEUNE de Boussu-lez-Walcourt: son séjour au Guatemala n’a donc pas dû excéder quelques mois.

Notons que J.-B. CHAUDRON précise qu’il a envoyé sur notre colonie son frère et seize personnes. Qui pouvaient-être ces seize personnes ? Y avait-il, parmi elles, d’autres Tarciennois ?

Encore un point qui soulève des questions : lors de l’incendie d’une cabane (voir illustration di-dessous) le feu était à peu près aussi grand que celui que l’on fait a Chastres le jour des Sots.  A n’en pas douter, à l’époque, se déroulait à Chastrès une fête au cours de laquelle était allumé un énorme bûcher.  Était-ce l’ancêtre du grand feu ?
Je n’ai pas trouvé de document qui mentionnerait « le jour des Sots » de Chastrès. 
Mes lecteurs connaisseurs de l’histoire de ce village (Thierry, Jean-Marie ?) en ont peut-être quelque connaissance.

Nicolas-Joseph termine sa lettre, en embrassant, dit-il, outre les membres de sa famille, « Auguste DUPONT et Mme Joséphine » qui sont, plus que probablement, celui qui allait devenir, en 1848, le bourgmestre de Tarcienne (celui de l’époque étant Jean-François PIRET)  et sa maman.

Etonnant, n’est-ce pas ?

Sources:

Le Courrier de J.-B. CHAUDRON:

L’Indépendance Belge, 1er juin 1844, page 2:

https://www.belgicapress.be/pageview.php?adv=1&all_q=&any_q=&exact_q=&none_q=&from_d=1844-06-1&to_d=&per_lang=&sig=JB555A&lang=FR&per_type=0&per=17229173&per_sel=17229173

Compagnie belge de colonisation:

Wikipedia:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_belge_de_colonisation

https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Belgian_colonial_empire?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sge