Le Journal de Charleroi, dans son édition du 12 mars 1921, consacre un article aux… oignons !
Les oignons. – La Saint-Grégoire, c’est la fête des oignons, car c’est, dans la plupart des localités du pays, ce jour-là ou à cette époque, qu’on sème les oignons.
Et souvent cette coutume agricole s’accompagne d’un jeu d’enfants qui consiste à déguiser les gosses en Saint-Grégoire et en anges, puis à leur faire faire le tour des maisons de la localité. Ailleurs, les enfants ont le droit d’enfermer leur instituteur et de lui faire des niches malicieuses en guise de représailles pour les pensums infligés durant l’année.
Ces coutumes ont complètement disparu et c’est peut-être regrettable, car ces habitudes populaires maintenaient dans l’esprit des populations des traditions naïves et charmantes dont la perpétuation ajoutait encore la poésie du passé aux instants de l’actualité.
Complètement disparue, la Saint-Grégoire ? Que nenni. Voici ce que dit sur sa page Facebook, en ce début du mois de mars 2026, la commune de Courcelles à propos de la Saint-Grégoire de Gouy-lez-Piéton :
La Saint-Grégoire à Gouy-lez-Piéton : une tradition vivante !
Depuis la fin du XVIe siècle, les enfants du village célèbrent la Saint-Grégoire avec enthousiasme. Autrefois une fête religieuse, elle est aujourd’hui une belle tradition qui perdure.
Le 12 mars au matin, garçons et filles, vêtus de costumes colorés, s’élancent joyeusement dans les rues, panier à la main, pour chanter aux portes des maisons.
Bon, ne pensez pas que je vais désormais vous compter les Chroniques d’hier de Gouy-lez-Piéton. Non, je vous parle de la Saint-Grégoire car je viens d’apprendre qu’elle était fêtée à Tarcienne également. Mais en 1942, cette tradition avait déjà été abandonnée, comme le laisse entendre cet article du Journal de Charleroi du 15 mars 1942 :
TARCIENNES .
La Saint-Grégoire. – Il n’y a pas bien longtemps encore, le jour de la Saint-Grégoire était marqué par une promenade en groupe des gamins du village qui, armés de crécelles, s’en allaient de maison en maison, de ferme en ferme quémander la traditionnelle obole. Cette sortie des gamins ne manquait pas de charme car, libres, ils se livraient à toutes sortes de cabrioles. C’était l’escapade longtemps attendue.
En remerciements, ils criaient, dans un admirable chorus, en actionnant leurs
crécelles : « Vive Saint-Grégoire ! »
Puis, la journée finie, ils se partageaient le butin. C’était naïf et bon enfant et les Tarciennois y prenaient un vif plaisir.
Curieuse coutume, n’est-il pas vrai ?
Ainsi donc, la Saint Grégoire était-elle fêtée à Tarcienne. Curieusement le 12 mars, jour de la Saint-Grégoire pour l’église orthodoxe alors que l’église romaine fête Grégoire le 3 septembre ! Est-ce la seconde guerre mondiale qui y mit fin ? Probable.
Les mascarades (j’y ai participé une fois, enfant ou jeune adolescent), malheureusement disparues elles aussi, en étaient-elles un héritage ?
A cette époque de l’année, la Saint-Grégoire était-elle liée au Grand Feu ?
Par ailleurs, savez-vous qu’une représentation de saint Grégoire, discrète mais visible de tous, figure dans l’église de Tarcienne ? Je vous en dirai bientôt plus.
Sources:
Articles de presse: http://www.belgicapress.com