Vous vous rappelez qu’au début de l’année, je vous ai présenté Marcel François MASSIN, un Tarciennois qui s’est illustré par l’écriture de nombreux textes, en prose ou en vers, en français ou en wallon.
Parmi les les documents signés Marcel François MASSIN que m’a remis Jean-Luc Liessens, figure une sorte de biographie d’un autre Tarciennois, tout aussi étonnante: je vous la livre ici.
Marcel d’Orval.
Vers 1920, lorsque M. Carton transmit le « CIRQUE » à Gustave BERNARD (de la Galerie du nom) on le rebaptisa: Théâtre des Variétés. La succession motiva la naissance d’une troupe à demeure, Lucien DELATTRE, ex-acteur en renom de Paris, la prit sous sa houlette, tout en muant en « Costumier et Accessoires (avec immeuble, rue du Fort).

Le Théâtre des Variétés de Charleroi (photo de droite) était un lieu de spectacle majeur situé place du Manège, fondé en 1919 par Gustave Bernard. Anciennement "Cirque des Variétés" (1902, photo de gauche) , il fut un haut lieu du music-hall avant d'être démoli après la Seconde Guerre mondiale pour laisser place à l'actuel Palais des Beaux-Arts.
De cette troupe, émergeait, très jeune, seize ans à peine, du lot des figurants, un grand adolescent à nez d’aigle: Marcel d’ORVAL. Très vite, il s’installa premier de ces utilités, en s’étoffant la voix auprès du maître Edgard DRUINE: baryton d’opéra. Il faut savoir aussi que ce jeune ambitieux , nous venant d’un village: Tarcienne, buissonnait gentiment l’Université du Travail pour courtiser Thalie, et, de marche en échelon, d’éphèbe en Adonis, on s’en vient, bientôt, l’admirer en Compère.
La coutume voulait, qu’une fois l’an, au moins, on fisse une Revue. C’était, avant la lettre, la comédie musicale où tous évènements, locaux, extra, étaient joués, chantés, jusqu’à l’apothéose, amenée au grand train et talent du Compère et de la Commère.
Les années passant, l’Eldorado – conçu comme théâtre – se mit à l’Opérette et, avant la furia du cinéma-parlant, qui mit tout au rancart, l’unique jeune premier en fut Marcel d’ORVAL. Puis, à vau-l’eau, Opérette et troupe s’éparpillèrent aux quatre coins des souvenirs. Notre héros était loin ! Jusque….
En pleine renaissance , vers 1950, quand le Théâtre National vint chez nous en s’étoffant de chevronnés Parisiens, quelle ne fut pas notre surprise, en retrouvant, grand-rôle, d’ORVAL. Ainsi, durant deux ou trois saisons pleines, on le revit, enrichi de talent, au coeur de notre ville. Nous apprîmes, aussi, qu’éminent sociétaire du célèbre atelier de son ami DULIN, Paris l’avait bien consacré. Puis, il y retourna, on le vit à l’écran, mais les ans le traquaient. Il enseigna, après, es maître art-à jouer, le chemin difficile qui mène à la carrière. Il termina, en un coin de l’Ardèche, une belle aventure. C’était un petit gars de chez nous, qui fit, à sa manière, aimer la consonnance si chère à nos coeurs : CHARLEROI.
D’ORVAL , de son vrai nom : Marcel MICHAUX.
Marcel MICHAUX est né à Tarcienne le 15 juin 1904.
Son père, Ferdinand Jules MICHAUX est né, lui aussi, à Tarcienne. Le 22 septembre 1872.
Quant à sa maman, Adolphine RENARD, née le 17 septembre 1874, également à Tarcienne , elle était la soeur d’Auguste Prospert RENARD, le père… d’Auguste RENARD, le Marchau.
Le Marchau et Marcel MICHAUX étaient donc cousins germains.
Marcel DORVAL joua dans quelques films et productions télévisuelles, des années 1940 aux années 1970. Il fut très apprécié dans des seconds, voire dans des « petits » rôles. Le plus souvent, son nom ne figurait pas sur l’affiche, mais il fut cependant choisi pour figurer dans des oeuvres qui connurent le succès, aux côtés d’acteurs prestigieux. Parmi ses rôles les plus notables:
au cinéma, Marcel d’Orval, il endossa
– le rôle de Jules dans « Le briseur de chaînes » (1941), de Jacques Daniel-Norman, avec Pierre Fresnay, Ginette Leclerc
– un petit rôle dans « Katia » (1959)de Robert Siodmak avec Romy Schneider, Curt Jürgens
– le personnage de Marcel Dorval dans « Julie la rousse » (1959) de Claude Boissol avec Daniel Gélin
à la télévision,il joua
– le prêtre dans « Hauteclaire ou le bonheur dans le crime » (1961), téléfilm de Jean Prat, avec Paul Frankeur, Mireille Darc
– Charles dans un épisode de « Les cinq dernières minutes » (1964) de Claude Loursais avec Raymond Souplex, Jacques Debary
– Jethro dans un épisode du feuilleton télévisé « Les cent livres des hommes » (1970), avec Brigitte Fossey, Pierre Mondy, Pierre Vanheck

du 29 septembre 1926

Mais c’est au théâtre que Marcel DORVAL consacra l’essentiel de sa carrière. Jugez plutôt:
1972 – Turandot – ou le Congrès des blanchisseurs de Bertolt Brecht mise en scène Georges Wilson
1971 – Les Rustres de Carlo Goldoni mise en scène Jean-François Rémi
1970 – Early Morning – Demain la veille d’Edward Bond mise en scène Georges Wilson
– L’illusion comique de Pierre Corneille mise en scène Georges Wilson
1969 – L’Illusion comique de Pierre Corneille mise en scène Daniel Leveugle
– La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht mise en scène Georges Wilson
1968 – Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre mise en scène Georges Wilson
– Les Chemins de fer d’Eugène Labiche… mise en scène André Barsacq
1967 – Le Roi Lear de William Shakespeare mise en scène Georges Wilson
– Dieu, empereur et paysan de Julius Hay mise en scène Georges Wilson
– L’ Avare de Molière mise en scène Claude Piéplu
1966 – Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht mise en scène Jacques Mauclair
1965 – La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux mise en scène Georges Wilson
– Danton ou la Mort de la République de Romain Rolland mise en scène Jean Deschamps
1964 – Le Capitaine Fracasse d’après Théophile Gautier mise en scène Jean Deschamps
– L’ Alouette de Jean Anouilh mise en scène Roland Piétri
– Les Mouches de Jean-Paul Sartre mise en scène Jean Deschamps
1963 – Ruy Blas de Victor Hugo mise en scène Jean Deschamps
1962 – Trencavel de Robert Collon mise en scène Jean Mercure
– Le Condamné de Pichwickton d’André-Paul Antoine mise en scène Georges Audoubert
1961 – Le Barbier de Séville de Beaumarchais mise en scène André Barsacq
– Les Ambassades d’André-Paul Antoine… mise en scène André Barsacq
– Antigone de Jean Anouilh mise en scène André Barsacq
1960 – Don Juan de Molière mise en scène Jean Deschamps
– L’Étouffe-chrétien de Félicien Marceau mise en scène André Barsacq
– Hamlet de William Shakespeare mise en scène Claude Barma
– Antigone de Jean Anouilh…. mise en scène André Barsacq
1958 – La Dame de Monsoreau d’Alexandre Dumas mise en scène Jacques Eyser
1956 – L’Œuf de Félicien Marceau mise en scène André Barsacq
– L’Offense de Georges Belmont mise en scène Maurice Jacquemont
1955 – Un mari idéal d’Oscar Wilde mise en scène Jean-Marie Serreau
1952 – Les Liaisons dangereuses de Paul Achard… mise en scène Marguerite Jamois
– La Tête des autres de Marcel Aymé mise en scène André Barsacq
1951 – Henri IV d’après Luigi Pirandello mise en scène André Barsacq
1949 – L’Avare de Molière mise en scène Charles Dullin
– La Marâtre de Honoré de Balzac mise en scène Charles Dullin
1947 – L’Archipel Lenoir – ou Il ne faut pas toucher aux choses inutiles d’Armand Salacrou mise
en scène Charles Dullin
1944 – Maurin des Maures d’André Dumas… mise en scène Charles Dullin
1943 – Monsieur de Pourceaugnac de Molière mise en scène Charles Dullin
– Les Mouches de Jean-Paul Sartre mise en scène Charles Dullin
1942 – Le Misanthrope et l’Auvergnat d’Eugène Labiche
1938 – Plutus – « l’or » d’après Aristophane mise en scène Charles Dullin
1937 – Jules César d’après William Shakespeare mise en scène Charles Dullin
1935 – Le Faiseur d’après Honoré de Balzac… mise en scène André Barsacq
1934 – Rosalinde – ou Comme il vous plaira d’après William Shakespeare mise en scène Jacques
Copeau
1933 – Richard III d’après William Shakespeare mise en scène Charles Dullin
1932 – La Paix d’après Aristophane mise en scène Charles Dullin
1931 – Atlas Hôtel d’Armand Salacrou mise en scène Charles Dullin
– La Quadrature du cercle de Valentin Kataïev mise en scène François Vibert
1930 – Musse – ou l’École de l’hypocrisie de Jules Romains mise en scène Charles Dullin
Cette liste n’est peut-être pas exhaustive. Son auteur ne précise pas où ces pièces ont été jouées (la plupart à Paris, je suppose).
Étonnant, n’est-il pas ?
Sources:
Marcel d’Orval :
Marcel François MASSIN , L’vî Tôrcène, voir post du 3 janvier 2026
https://www.imdb.com/fr/name/nm1008536/?ref_=fn_t_1
Cartes postales:
http://www.delcampe.net
Généalogie:
https://agatha.arch.be/search/genealogie/CS
Film « Le briseur de châines« :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0175503/fullcredits/?ref_=tt_cst_sm
Film « Katia« :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0052964/
Film « Julie la rousse« :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0137857/?ref_=nm_flmg_job_1_accord_1_cdt_t_11)
Téléfilm « Hauteclaire ou le bonheur dans le crime » :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0275397/?ref_=fn_t_1
Feuilleton télévisé « Les cinq dernières minutes » :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0166909/fullcredits/?ref_=tt_cst_sm
Feuilleton télévisé « Les cent livres des hommes« :
https://www.imdb.com/fr/title/tt0270115/fullcredits/?ref_=tt_cst_sm
Article de presse:
https://agatha.arch.be/search/genealogie/CS
Les pièces de théâtre:
https://lesarchivesduspectacle.net/p/15443-Marcel-d-Orval